Interview de Touve par Anne Bourgeois

Touve R. Ratovondrahety, un créatif qui n’a pas de frontière.
Touve R. Ratovondrahety, pianiste, organiste, compositeur , est créateur et Directeur artistique des Films en Concert, Festival à Lambersart, Nord-France

 

 

A.B. :Vous êtes avant tout musicien ?

T.R. : Oui. Un travail intime se fait avec l’envie de s’exprimer avec la culture occidentale sans renier une culture propre, bien ancrée d’origine malgache. Cela devient une seconde nature: l’ esprit reste le même que cela soit en donnant des concerts de musique classique, soit en accompagnant des pièces de théâtres (tournée européenne de 5 mois avec Jacques Weber), ou même en jouant ou composant pour des cérémonies religieuses, des défilés de haute couture et des publicités. Cela se reflète surtout dans le choix des concerts de Hot Piano Fantasies: la musique n’a plus de frontière du classique à la musique ethnique en passant par le blues ou le rythme espagnole.

A.B. :Comment en êtes vous arrivé à créer à Lambersart un festival de musiques de films muets ?

T.R. : Une passion immodérée de films muets et de son accompagnement musical. Les festivals ne manquent pas dans le monde entier. Celui de Lambersart est l’unique dans le Nord et le troisième pour toute la France!

Il s’ appelle LES FILMS EN CONCERT car il y a vraiment un souci de qualité musicale. Nous sommes parrainé par David Robinson, directeur du plus grand festival de film muet au monde, la Giornate del Cinema Muto de Pordenone en Italie. Il m’invite depuis plusieurs années à faire des records, genre accompagner un film de 3h15 (Carmen de J.Feyder) à partir des thèmes espagnoles de Hernesto Halffter, ou bien filer 250 pages de musique solo au piano, écrite par Henri Rabeaud qui dure 2h15 pour le film historique Le Miracle des Loups de Rymond Bernard.
Il est certain qu’on a envie de partager cet engouement avec ses proches, d’où l’idée de le faire aussi à Lambersart.

Le concept lambersarois est de brasser (ne pas manquer cette année le film « Les inconvénients de la bière », très comique) dans le même tonneau des musiciens de très haut niveau international (on aura 19 cette année) avec nos musiciens qui travaillent dans des ateliers associatifs: Lambersart est très buzzée sur la vie associative.

Pour la première édition 2011, l’association Jazz Again et l’école de danse du Canon d’or d’Anne- Marie Lemoine étaient de la fête.

Pour 2012, j’ai fait des arrangements pour faire participer l’ Ecole de Musique Agemlam, les ateliers de piano, flutes et guitare du Canon d’Or. Aux côtés de 2 grandes créations pour le Movie Brass Band et l’ Orchestre de Flute Français, le professeur de piano du Canon d’or, Thibault Guillemin n’a pas non plus rechigné sur sa plume pour écrire pour les élèves pour le film (la bière) cité plus haut.

Du 2 au 5 Fevrier 2012, les Films en Concert 2012, c’est 25 films, 1 spectacle musical, 3 journées pédagogique, 1 conférence et…. des goûters et des apéros!!!

Un festival, c’est une fête…tout en musique. Notre chef d’ orchestre? C’est le film!

Enfin, tout cela est la suite d’un parcours naturel né d’une amitié dont le berceau est à l’Eglise Notre Dame de Fatima, il fût un 1987.

A.B.: Dans la vie qu’est ce qui vous rend heureux?

T.R. : Se lever à 4h du matin pour composer de la musique qui va être interprétée les semaines suivantes. Le must, je le fais chaque année 10 jours en hiver à Venise. Par ailleurs, équilibrer le travail à l’ Opéra, à l’ Église, les concerts, les voyages et l’administration de mon entreprise de production avec beaucoup de séances de méditations et de sports. Quand tout cela est bien harmonisé, le bonheur est à son comble ce qui permet de s’ouvrir encore plus aux autres. Il est alors presque parfait.

A.B. : Qu’est ce qui vous met en colère?

T.R. : L’ incohérence, le manque de sincérité et d’intégrité, la fourberie et l’injustice. Mais le bel exercice c’est de ne jamais se mettre en colère. C’est faisable si on s’exerce à aimer, tout simplement.

A.B. : Qu’est ce qui vous donne des raisons d’espérer?

T.R. : Le BEAU. Et ce à tout niveau, depuis les artisans de saucisses basques (ne pas manquer le film « La course à la saucisse » rythmé par les percussionnistes de l’école) jusqu’à la production du luxe. Le BEAU peut sauver le monde. Et le beau n’est pas une chose non accessible. Il suffit de regarder une fleur, un arbre ou un lapin blanc. Je ne comprends pas pourquoi il y a une industrie de l’horreur, de la peur et du laid!

 

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